Qi Gong de la cigogne

Pratique Qi Gong et Tai Chi



Le Qi :
la notion de Qi n’est pas facile à comprendre pour un occidental . Nous le traduisons par le mot « énergie » ,
energeia en grec : la « force en action ». Il s’agit, en fait, de l’ensemble de nos forces…
la somme des énergies qui constituent notre vitalité.
Tantôt physiques (mécaniques, thermiques, chimiques, électriques, magnétiques),
tantôt psychiques (émotionnelles et intellectuelles),
ces énergies sont transmutables ; elles forment un continuum qui est notre force vitale : le Qi. »
(Thierry Janssen)

Yin Yang :
"Yin et Yang : les 2 forces originelles ; Le Yin extrême produit le Yang, et le Yang extrême produit le Yin.
Ce processus fondamental est universel et anime les alternances, par exemple celle du dur et du doux,
ou celle du mouvement et du repos."
(Cheng Man Ch’ing)

"Oui et non n’existaient pas à l’état naturel. Il n’y avait pas de contraires mais des contrastes ; le monde était une somme d’impressions. Les forces complémentaires se combinaient, se succédaient, permutaient, s’alliaient, s’harmonisaient, se remplaçaient comme le yin et le yang, la nuit et le jour, l’ombre et la lumière, la femme et l’homme. La vie évoluait à chaque instant, rien n’était définitif. Ce qui constituait l’essence des hommes, des animaux et des choses était mouvant.
Le yin avait besoin du yang et le yang du yin pour maintenir l’équilibre."
Patrick Rambaud, « Le Maître »

 

La respiration
"La respiration juste est celle qui se trouve d’elle-même. De même, la posture juste est celle qui laisse le corps s’ajuster par lui-même, de l’intérieur.
L’action juste, la respiration juste, la pensée juste, sont celles qui surgissent d’au-delà de nous-mêmes, c'est-à-dire qu’il est impossible de les trouver par soi-même. Au-delà de soi-même signifie ce qui vient de la totalité, de l’univers entier. Tout le monde parfois, dans sa vie, a été traversé par ce genre de sensation, par cette intuition. Tout s’harmonise alors magiquement."
 
« Le souffle est une offrande : l’inspiration est un don de l’univers, l’expiration est l’abandon à l’univers. »
(Pierre Michel)

La pratique :
une méditation en mouvement
"Apprivoiser les mouvements de Qi Gong, c’est développer une plus grande présence à soi-même et aux autres. Véritable méditation dans le corps, le Qi Gong est un outil de vie, une façon d’être qui change l’existence."
(Thierry Janssen)
 
"Toute chose qui apparaît dans le silence profond acquiert une grande beauté. Ne cherchez pas à saisir, obtenir, cette beauté."
 
"Pendant la pratique, tout devient tranquille, sans qu’on fasse rien pour qu’il en soit ainsi. C’est le point essentiel. Tant qu’on veut fabriquer, créer, cette tranquillité, ce qui en résulte est toujours plus ou moins le contraire : de l’agitation, de la tension. La tranquillité qu’on veut ainsi créer trouve sa source dans notre état agité. La véritable tranquillité de la pratique n’est pas le contraire de l’agitation.
Restez complètement accordés à tout ce qui apparaît en vous sans vous fixer sur rien."
 
"Pendant la pratique, parfois, se sont des sensations corporelles qui apparaissent, parfois se sont des pensées, diverses perceptions…
Soyez simplement ouvert à tout cela, sans vous arrêter sur rien.
Lorsque vous laissez naturellement passer toutes choses, un espace jusque-là méconnu apparaît."
(Pierre Michel)

Comprendre la pratique :
"Les mouvements de la “Forme” du Tai chi chuan, semblables aux “Katas”, sont des postures de combat avec un partenaire imaginaire qui n’est autre que… soi-même. A la manière d’un combat, esquives et attaques s’enchaînent, sans agressivité."
 
"Avancer dans la pratique de la Forme est une suite d’expérimentations : je cherche, je vérifie, je raffine mes conclusions, avec un grand enthousiasme…"
 
"Il faut comprendre avec le corps, ne pas attendre que çà passe par la tête."
 
"Le cinéaste allemand Alexander Kluge développe la conviction que le « sentiment » peut reconfigurer intégralement notre rapport aux choses et aux êtres. Une scène de son film « Le pouvoir des sentiments » montre un ouvrier qui visse sa vis avec « sentiment » . On pourrait dire avec soin, mais il préfère le mot « sentiment » : c’est le sentiment qu’on met dans les choses qui compte, dans le rapport professionnel, amical ou amoureux. Ainsi « chacun de nous porte dans son sac à dos, en lui, une petite partie de paradis ». Le paradis n’est pas un état d’exception des grands moments : il est là dans chaque détail…"
(Stéphane Delorme)
 
« Lorsque l’activité mentale n’est pas équilibrée par une activité physique,
la coordination du corps est affaiblie »
(Hua-Ching Ni)
 
"La pratique n’est pas un processus de mise en veille, mais au contraire il s’agit d’être pleinement présent avec une plus grande ouverture ancrée dans l’être." 
 
La posture :
« Pendant la pratique le coccyx doit être droit et au milieu, l’esprit remplir la tête ; La tête est comme suspendue, tout le corps devient léger et fluide. Il faut penser tout le temps au niveau de la taille, relâcher le bas-ventre qui devient calme. Ainsi on peut arriver à ce que l’énergie circule dans tout le corps et sans le moindre blocage. » (Maître Jian Liujun)
 
"Pour que le dos se redresse naturellement, pas besoin de tension. Laissez le corps par lui-même trouver son équilibre.
Lorsque les pensées apparaissent à la conscience, laissez-les poursuivre librement leur chemin. Egalement, lorsque diverses perceptions apparaissent, laissez-les poursuivre leur chemin. A ce moment-là, tout devient tranquille. Cette tranquillité n’est pas fabriquée, elle est condition normale, naturelle."
 
"Une fois que l’axe vertical est bien établi, naturellement le corps et l’esprit sont libres. La posture est comme une montagne, puissante, sans tension. Une fois que l’axe vertical a été complètement senti, l’équilibre terre-ciel, ying-yang, se réalise."
 
"Une fois que l’axe vertical s’est convenablement établi, naturellement, même inconsciemment, l’énergie peut circuler librement à travers lui pour ensuite se répandre, se disperser harmonieusement dans l’ensemble du corps. Une fois que l’axe vertical s’est convenablement positionné, le centre de gravité du corps et le centre de l’énergie vitale, sous le nombril, peut lui aussi trouver sa place exacte et se trouve naturellement activé. Une énergie forte se déploie dans le corps une fois que l’axe vertical s’est convenablement installé."
 
"Dans la pratique, la tête doit sembler suspendue par le haut. Cela élève l'Esprit de Vitalité et permet au corps de bouger avec légèreté et agilité" (Dr Yang Jwing-Ming)
 
"Trouver sa place, c'est important : celle où on est à l'aise, où l'on ne dérange personne, où rien de l'ensemble n'est troublé. C'est la même chose avec la posture : tout dans le corps trouve naturellement sa place.Quand on trouve sa place, tout se tait : le corps et le souffle deviennent silencieux."
 
"Une fois en place, il est important de laisser le temps et l'espace à chaque chose de s’installer sans forcer, sans bouger tout le temps. A la fin, pour que toute chose trouve sa juste place, vous devez simplement écouter et voir que cela ne dépend pas de vous.Vous faites du mieux que vous pouvez mais à la fin, vous laissez faire."
 
"Souvent, on n’écoute pas assez le corps. Le corps se manifeste sous forme de sensations, de mouvements, parfois imperceptibles, parfois de tensions. Laissez-les apparaître, laissez-les changer. Dans le corps, tout n’est que changements.
Pendant la pratique, ne demeurez sur rien ! Laissez simplement toute chose passer."
 
"La bouche et la langue sont détendues. N’appuyez pas la langue sur le palais ! Laissez simplement la pointe de la langue naturellement en contact avec le palais, tranquille."
 
« L’énergie descend au centre ». Cela veut dire : être concentré au niveau de la taille, le ventre relâché et calme ; cela permet de prendre la taille comme axe et de lier toutes les parties du corps harmonieusement pour arriver à : « une partie bouge, tout bouge » et « toutes les parties du corps sont enchaînées ». (Maître Jian Liujun)
 
"Laissez le corps s’ajuster de l’intérieur. En fait, si vous l’écoutez, cet ajustement se fait naturellement, il ne se fait pas brutalement mais imperceptiblement, délicatement."
 
"Le dos est droit, la tête est droite, sans effort. Les épaules, les bras, la poitrine, le ventre, se détendent. Le corps devient tranquille. La pensée devient tranquille. Lorsque le corps et la pensée deviennent naturellement tranquilles, ils deviennent invisibles, comme un rêve."
 
"Quand vous pratiquez, vous devriez vous tenir dans une posture équilibrée comme une balance. Quand vous vous déplacez, évoluez sans effort comme le ferait une roue en mouvement" (Maître Wong Chung-Yua )
 
"Ne laissez pas vos pensées peser vers l’avant. Lorsque la tête est en équilibre sur vos épaules, la liberté apparaît."
 
"Laissez la douceur gagner les zones tendues ou bloquées. Laissez ces zones de tension apparaître librement. Laissez-les devenir vivantes, laissez-les s’exprimer. Laissez l’ensemble du corps à l’écoute et laissez ce qui est apparu se dissoudre dans le silence. De même pour les pensées."
 
"Pendant la méditation debout, il ne s’agit pas de rester rigidement immobile. Ecoutez le corps pour lui permettre de trouver l’équilibre. Chaque partie du corps cherche sa place et la trouve, si vous le laissez faire."
 
"En méditation debout, une fois que votre posture est ajustée, il n’y a plus rien de spécial à faire. On laisse le corps se détendre. On laisse la respiration se détendre. On laisse passer les pensées"
 

Le relâchement :
"Le relâchement amène la souplesse. Au sein de la souplesse réside la force."(Dr Yang Jwing-Ming)
 
"Prenez les postures soigneusement et tranquillement mais pas rigidement. Tout doit rester souple dans le dos, la nuque, le visage, les mains. Laissez le corps respirer dans sa totalité. Si le corps devient rigide, la personne aussi le devient."
 
"Même dans les zones demeurées en tension, vous pouvez trouver un espace de détente. Dès qu’un espace de détente se fait , aussi infime soit-il, le souffle apparaît. Le souffle peut l’habiter, c’est ainsi que tout devient vivant. Cette vie-là et ce souffle qui l’anime est complètement en continuité avec le cosmos, avec la nature, avec les arbres, avec les nuages, avec tous les éléments, avec toutes les saisons.
Si on peut profondément ressentir que la vie des nuages, celle des plantes, celle de la terre, celle du cosmos et notre vie ne sont pas séparées, à plus forte raison avec nos proches, avec nos amis et aussi nos ennemis, vous trouverez le point d’unité qui n’est pas une fabrication de la pensée.
Ressentez ce souffle, cette vie dans les mains, dans le dos, dans la respiration."
 
« Les critères du véritable « relâché » : Le relâchement doit générer la vivacité du corps, sa détente et son agilité, sans utiliser la force pour éviter la rigidité. Le corps physique et le mental doivent être détendus. » (Maître Jian)
 
"Relâché et calme : Le cœur doit être calme du début jusqu’à la fin de la pratique.
Pendant la pratique, il ne faut penser qu’à cela et à rien d’autre car c’est seulement quand la pensée est calme et concentrée sur la pratique que l’on peut sentir si la circulation d’énergie dans le corps est fluide, ou s’il y a le moindre blocage. On dit souvent qu’il faut utiliser la pensée et non la force : c’est là la signification, car se servir de la forçe empêche de sentir la circulation d’énergie." (Maître Jian)
 
« Relâché et détendu : Confondre relâchement et entassement (toutes les parties du corps se tassent entre elles et le corps devient mou) est un défaut à corriger immédiatement, car les méfaits sont pires que la raideur. Relâché et détendu veut dire que par le calme du cerveau, la direction de la pensée, à travers les mouvements souples du corps, on permet à toutes les parties du corps, les organes, les muscles, les tendons, les articulations, d’être relâchées, dilatées, assouplies. » (Maître Jian Liujun)
 
« Pendant la pratique, le « relâché-descendu » se retrouve dans le relâché des épaules, coudes descendus, suspendus, poitrine légèrement fermée, le relâché de la taille, de la hanche, du bas-ventre arrondi, le bassin légèrement basculé vers l’avant et le haut. Pour réaliser le « relâché-descendu », il faut penser tout le temps pendant la pratique à tous ces points-clefs ; ainsi l’énergie descend au centre, petit à petit, et l’on obtient le bon résultat naturellement.(Maître Jian Liujun)
 
"Un pratiquant a demandé : quel effort doit-on faire pour arriver à lâcher prise des tensions ressenties ?
Vous ne pouvez pas, par une tension, libérer une tension. Avant même de faire un effort, le désir de s’en débarrasser est ce qui la maintient. La personne qu’on est ne peut jamais lâcher prise de ces tensions car elle est ces tensions ! Plus vous voulez qu’elles vous quittent, plus vous voulez vous en débarrasser, plus elles se renforcent. L’idée de se libérer d’une tension vient de la tension. L’idée de se libérer de la peur, vient de la peur, ou du désir, ou de quoi que ce soit.
Que ce soit dans le mental ou dans le corps, lorsque les tensions apparaissent, n’essayez rien. Acceptez-les telles qu’elles sont. Voyez-les profondément, faites en des amies. Ne vous focalisez pas non plus dessus. Acceptez qu’il en soit ainsi.
Surtout, ne faites pas de tout ça une nouvelle technique, une nouvelle méthode. Vous ne pouvez accueillir quelque chose avec l’idée de vous en débarrasser." (Pierre Michel)
 
"La véritable posture est une complète liberté, pour le corps également.
Dans cette liberté le corps est mouvement.
Mouvement de la matière même du corps qui s’ajuste, en fonction de l’ensemble, en fonction de la santé, des conditions du corps et de l’esprit, des saisons…
Finalement ce mouvement est celui du cosmos lui-même.
A ce moment là il n’y a plus de règle. Parfois la respiration est longue, parfois elle est courte, inutile de se focaliser sur ce qui change sans cesse. Laissez plutôt tous les objets couler librement à travers le corps, les pensées." (Pierre Michel)


La régularité :
"Il est important de pratiquer régulièrement, tout simplement parce que dans la vie tout est affaire de quotidienneté. Chaque jour on doit manger, dormir, bouger. Chaque jour on doit redécouvrir notre véritable nature, ce qui, en nous, ne meurt pas, ce qui n’augmente pas, ce qui ne décroît pas… Ce qui est. Pour cela la pratique n’est pas absolument nécessaire, théoriquement ! Mais dans les faits il est un moment privilégié dans lequel, parmi l’agitation de la vie quotidienne, toute chose peut naturellement s’apaiser, se clarifier."
 
« Une belle image dit que la pratique est comme marcher dans un jardin de roses. On chemine parmi les fleurs sans se rendre compte de rien. Plus tard on s’aperçoit que nos vêtements sont imprégnés de leur parfum. Quand on s’aperçoit que notre vêtement est imprégné de ce parfum, cela apparaît tout d’un coup, mais l’imprégnation se fait petit à petit, inconsciemment, automatiquement, quotidiennement. Pour que le parfum des roses imprègne notre vêtement, nous n’avons aucun effort à faire. Mais si vous n’allez pas dans le jardin, si vous y passez seulement quelques minutes… A chacun de voir. »
 
« Si j’apprends le Tao le matin, je serai heureux toute la journée. Ainsi, si je meurs le soir même, n’aurai-je aucun regret dans ma vie. » (Confucius)
 
"Que vous en ayez envie ou pas, en pratiquant 15 à 30 minutes une ou deux fois par jour à des moments précis, une sensation de force et d’équilibre se développera dans votre vie. Cette sensation va au-delà des humeurs, des effervescences émotionnelles, de l’agitation et au-delà des expériences particulières – plaisantes et douloureuses– de notre vie. Cette qualité de l’esprit est la conscience claire à chaque instant, le simple rappel de votre plénitude en tant qu’être humain. Si vous remarquez que vous résistez ou évitez une période journalière de pratique, portez votre attention sur la résistance elle-même et observez-la. En pratiquant ainsi quotidiennement, vous établirez une ambiance plus détendue et équilibrée dans vos activités journalières et vos rencontres."
 
La lenteur ...
"Par le lent enchaînement de mouvements que représente le travail de la Forme, on masse en profondeur les muscles, les organes, leur redonnant souplesse et tonicité."
 
"Pendant la pratique, la chose la plus importante est la relaxation. Certaines postures nécessitent un entraînement plus particulier de certains de vos muscles. C'est pourquoi vous devez suivre le principe qui consiste à développer votre pratique lentement."(Maître Hua-Ching Ni)
 
"Celui qui se presse perd son temps."